Photos : Alice Duffelcocotte et Paula Rhoïde.

samedi 10 septembre 2011

Petit quiproquo de vocabulaire


On pourrait être tenté de croire à première vue qu'il y a un lien entre accommodant et commode...
Ainsi, sous le prétexte qu'une personne est gentille, on pourrait être amené à penser par un raccourci d'esprit qu'elle est gaulée façon femme à tiroirs de Dali, et que dans un réflexe (contre nature mais naturel chez l'homme) de cacher le désordre ou de céder à la volonté de l'ordonner dans un meuble prévu à cet effet, on pourrait ranger dans cette accommodante personne tout et n'importe quoi, surtout et encore plus si ces choses sont bien pliées. Mais que le linge soit sale et en boule ou propre, lessivé (avec de l'adoucissant) et repassé, en réalité, on ne peut pas, ben non.
Chez un psy ? Pas plus chez eux que chez les accommodants. Les psys aident (s'ils sont doués) à trier, laver, sécher, plier, repasser, ranger, le linge, c'est tout. Y'a des amis qui sont plus doué que les psys, parfois. Mais chacun nait avec son trousseau plus ou moins complet, qu'il lave, ravaude et entretient, ou qu'il roule en boule et jette dans le fond d'un tiroir.
Et pour ceux qui naissent sans trousseau ou qui le perdent en chemin ? Quelque part, il existe un métier à tisser, faut le trouver.
C'est triste. Vous trouvez ? Je sais pas, il est des gens qui naissent sans quête et sans questions, tant leur trousseau de satins et de soies est complet... On dirait même que certains sont capables de tout et de n'importe quoi pour le trouer et l'user, histoire, j'imagine, de pouvoir le raccommoder. D'autres s'échinent à trouver le métier et à apprendre à filer le coton de la vie. Dire lesquels, au final, sont les plus heureux ou les plus malheureux, ça... je crois que c'est juste une question de tempérament et que ça réussit mieux chez les gens accommodants pourvu qu'ils ne ne laissent pas transformer en commode.

vendredi 9 septembre 2011

Composer avec les [mo]

Cette nuit, des cauchemars sont venus me réveiller. J'ai l'habitude, je me lève, je tourne en rond, je sirote mon café (sans sucre, tant pis pour la dissolution), je tisse un réseau d'histoires dans ma caboche, comme une toile d'araignée. Je file à l'atelier tripatouiller, ou pas, la matière, des fois je suis juste assise là à la regarder. Ce que je fais en vrai, c'est creuser en moi un sillon souvent profond pour trouver la force et le courage d'aller me coucher, ça dure parfois quelques jours, jusqu'à ce que je me raisonne : va te coucher, c'est pour ton bien !
Ce genre de combats dure depuis des années, je m'y suis habituée, généralement ça se pointe quand je suis au mieux dans mes godasses, mais c'est plus ça qui m'empêche d'avancer (juste faire une pause pour reprendre mon souffle), ça ne gâche plus non plus tout à fait ma joie, je suis comme les mômes : je tombe, je chiale et je repars en riant.
Ma joie était là hier et je la retrouverai un matin après avoir dormi. Un soir, peut-être ce soir, peut-être demain, j'aurai le courage d'aller me coucher la lumière allumée ou éteinte. Oui des fois je dors la lumière allumée, ben quoi à 36 ans ont peut bien avoir peur du noir après tout.
La nuit suivante, je ferai sans doute le même cauchemar, jusqu'à ce qu'il se lasse. Et un matin, je me lèverai, fatiguée mais contente, et un flot de mots d'une incroyable douceur, s'étaleront sur le papier, consolateurs. Des mots venus me récompenser d'avoir oser dormir.
A chacun ses cadeaux de la vie, je compose. Je compose des histoires pour chasser mes cauchemars et, parfois, j'écris aussi juste pour le plaisir, juste pour faire rire, juste parce que ma plume et moi on est devenue larrons en foire, couple de béquille et d'éclopée, amies tout simplement. D'autres fois, des limbes de mon âme, remontent des mots qui eux ne sont là pour aucune raison, ils sont là, c'est tout et d'une main automate, je les laisse s'étaler sur le papier...

jeudi 8 septembre 2011

le langage et les abus (ça fait pas un peu racoleur, comme titre ? Non parce que ça le sera pas)

Je me demande si le langage n'en aurait pas un tantinet assez qu'on l'abuse (souvent par ignorance, faut avouer)...
Depuis que je me plonge en science (pour la bonne raison qu'elle ne m'est pas infuse), je reste pantoise, car j'ai appris (de mon plein gré), entre autre, que l'eau peut bouillir à 85° en haut du Mont Blanc.
Vous me direz (ou pas) :
-A quoi ça sert de le savoir ? On ne va pas aller se mettre à aller faire cuire nos coquillettes au sommet des Alpes...
Certes, mais de savoir que l'eau (et encore seulement la pure, hein ? parce que si vous mettez du sel dedans, ça change) bout à 100° à une pression atmosphérique de 1013 hPa, sinon, elle ne bout pas forcément et systématiquement à 100°. Le présent gnomique (je l'aime ce mot, il est rigolo, depuis que je le connais, j'ai l'impression qu'un lutin va en sortir) est abusif (m'enfin s'il est du genre lutin, c'est peut-être un poil normal).
Le passage de mon cours avec la trompe à eau (m'ayant permis de m'inventer un délire éléphantesque, faut bien se marrer entre deux leçons) m'a franchement plu, et de savoir que cette fameuse trompe peut faire tomber la température d'ébullition bien bas, eh bien... je ne dirai pas que ça change ma vie, mais ça me l'a fait regarder autrement...
-Un exemple, un exemple, un exemple !

Oh merci, votre enthousiasme fait plaisir à lire !
Eh bien ça n'a rien à voir avec l'ébullition, mais ce matin, il se trouve que mon sucre n'a pas fondu dans mon café...non, il s'est dissout voyez-vous...
Certes, certes, le goût du café n'a pas changé. Enfin si, d'habitude je ne le sucre pas, mais jusqu'ici j'avais regardé du sucre fondre, jamais se dissoudre...
Vous savez quoi ? Mon café, n'étant pas du café pour midinette, ben j'ai rien vu du tout !!

mardi 6 septembre 2011

J'aime Prévert, alors je l'économise, c'est saugrenu, je sais, mais sage aussi

J'aime Prévert et ça ne date pas d'hier, ça date du premier poème que j'ai appris en cours de récitation. J'aime Prévert alors je l'économise... Idée étrange, n'est-ce pas ? En règle général (garde à vous !), quand on aime, on ingurgite, on s'overdose, on boit jusqu'à la lie, on dévore jusqu'à plus faim et, repu, on rote, on sort de table, on passe à autre chose. De temps en temps, on ressort le souvenir, on cultive la nostalgie un peu fantomatique de la joie passée à découvrir l'autre. Moi, quand j'aime, j'étire, je fais durer, je cultive et j'entretiens, j'économise, je réinvente, je métamorphose aussi parfois.
Après tout, si j'avais rencontré les textes de Prévert de son vivant, j'aurais découvert son œuvre avec lui, mais il est mort bien avant moi ce brave gaillard, me laissant l'impression parfois que des comme lui, on n'en fait plus, ou on ne les rencontre plus sur les avenues culturelles des grands médias, et hors sentiers battus par les médias, autant chercher une violette dans l'asphalte...
J'aime Prévert et je veux qu'il me reste à découvrir de lui encore et encore des images et des mots, que j'ai à découvrir son œuvre, durant des années, des décennies, je veux si c'est possible mourir en ne sachant pas tout de lui.


Me lasser ? Vous n'y pensez pas, il m'est entré dans le cœur un jour, j'avais huit ans. Depuis, il m'a offert ses vers de réconfort, je l'ai emmené sous les arbres, dans mes voyages imaginaires, mes allers et venues vrais de vrais qui collent de la boue pas virtuelle aux semelles, mis dans mes poches, mes sacs et mes valises, pris dans mes bras, serré contre mon sein, j'ai dormi avec lui sous mon oreiller, il est resté à me veiller parfois des nuits complètes d'insomnies, posé à mon chevet, me gardant comme on garde les malades et jamais je n'ai douté de lui. Toujours j'ai su que je découvrirai de ses merveilles qui mettent du baume à mon petit cœur et à mon âme.
Je l'aime et je ne veux pas savoir pourquoi je me sens bien dans ses mots, j'y nage comme une virgule, qui saute et retombe sur la page en point d'exclamation. Jamais ne s'insinuent entre ses mots et moi de ces points d'interrogations qui gâcheraient tout, de ces points finaux qui achèvent, lui et moi on est en suspension.
J'aime Prévert et je n'ai jamais cherché à savoir pourquoi d'un élan naturel, du cancre de mes 8 ans qui "dit oui avec le cœur" à aujourd'hui, je l'aime encore si fort.

lundi 5 septembre 2011

La télé ça me file les foies blancs !

D'ordinaire je me fiche devant la télé à heure fixe pour regarder un débat ou une émission ciblée, ou alors je m'y colle pour me vider la tête (ce qui en dit long sur le pouvoir lobotomique de cette petite chose, tout de même), moyen imparable pour m'endormir. Hier, j'étais épuisée mais pas assez pour m'endormir et j'ai donc vu de mes yeux vu et entendu de mes oreilles (et je vous assure qu'il m'a fallu un courage extrême pour lutter contre l'envie suprême de m'arracher les tympans, comment ça ? J'aurais pu simplement l'éteindre et passer à autre chose ?), des trucs que j'aurais préféré ni entendre ni voir (comme des épilations d'entre-fesses en direct, eh oui !).
Oui mais voilà, au début, je me suis demandé si le public était bête à ce point là ou si, à dose homéopathique (pov'juliette), on cherchait à lobotomiser les masses (l'avenir d'une télé berlusconienne débarquant en France, planant en arrière-fond de mes pensées)... Ensuite je me suis dit que j'avais là du potentiel pour écrire une foultitude de billets, ce qui m'a paru une raison suffisante pour rester abovidée sur mon canapé...
Et, allez savoir pourquoi, la seule chose qui a marqué mon esprit c'est cette phrase : 90 % des mâles 18-35 ans s'épilent aux Etats-unis et comme (je cite, hein ?) 'les français copient les américains en règle générale' (c'est même pour ça qu'on a une pyramide au Louvre, une cathédrale mérovingienne ou deux et des grottes de Lascaux), les mâles français prennent le même chemin... Et ce, bien que les statistiques le disent et sont formelles (y'aura jamais le front national à un deuxième tour d'élection présidentielle et en effet ça ne sait jamais vu), 92% des femmes aiment les hommes avec un peu, beaucoup, à la folie mais pas du tout, pas du tout ,pas poilu ? C'est clair ? Non, hein ?  Les statistiques, c'est jamais clair de toute façon.
Et là, allez savoir pourquoi, je me suis imaginée, je me suis même sentie propulsée (tant mon imagination avait des accents de réalité), que dans une année prochaine mais non lointaine, une chanteuse crèverait l'écran et vendrait des milliards de disques, malgré la crise et une propension au piratage indéniable (qui nous vient aussi probablement des Etats-unis), en chantant d'une voix suraigüe :
"Où sont les hommes ? Avec leurs torses pleins de poouaaaaaaaaaaaaals ( vous entendez comme çà grimpe dans les aigus, là ?) où sont les hommes, les hommes, les hommes..."
Et j'ai eu peur, très. Et encore, je vous ai passé le moment ou me fut expliqué que si les hommes traquent leur poils, c'est en lien direct avec les films pornos et que si un homme s'épile là, c'est que "sans les buissons d'en bas, l'arbre parait plus grand". Vous m'en direz tant !
En fait c'est une conséquence directe ou une réponse aux soutifs rembourrés, mesdames, je ne vois que ça, mais là c'est une extrapolation toute personnelle... parce que j'ai décroché au moment où précisément, après avoir parlé de l'arbre plus grand et de ses buissons tous droits sortis du film hot, le commentateur disait que l'épilation masculine était due à une féminisation de la gente en question, annonçant une androgynisation prochaine de la masse terrienne comme on m'aurait annoncé l'apocalypse, là, j'ai éteint la télé, ah ben quand même !

PS, à l'usage de ceux qui auraient lu mon précédent billet, OK, ce billet-ci, c'est pas vraiment un chant de l'âme, plutôt un truc pour évacuer le trop plein "d'informations".

dimanche 4 septembre 2011

Bon, vraiment j'insiste, mais...

...mon écriture n'est pas un travail (si j'avais pu en vivre, j'en aurais été forte aise, certes, joindre l'utile à l'agréable et l'utilitaire, quoi de plus simple et de plus heureux ?) et ne le deviendra jamais, je l'espère.
Mon écriture est le chant de mon âme, alors mon âme chante peut-être de guingois, peut-être n'est-elle pas dans le bon ton, hors mode, pas ancrée dans la bonne époque, jouant à contre-temps. Peut-être que le bruit des casseroles que je traine ne donne pas un rythme plaisant, qu'en sais-je et qu'importe ?
Pourquoi diantre vendrais-je mon âme à un éditeur qui viendrait, de son esprit et de ses mains agiles, transformer ce chant venu de je ne sais où pour m'apaiser en produit de consommation formaté. Oui, j'aurais voulu gagner ma vie de ma plume, car elle est un des plus beaux cadeaux que la vie m'ait fait et que ça aurait été plus simple et si chouette.
Mais dénaturer ma plume, me torturer l'âme ce faisant et pourquoi diantre, fichtre et même foutre dieu ? Pour plaire ? Connaitre la gloire et la fortune ? Non, si je sors encore des livres dans l'avenir je les ferai à ma façon, car je ne veux pas plaire, ou vendre à tout prix des bouquins, je veux juste que mon âme chante de la façon la plus pure possible, dans cet élan naturel qui me surprend. La vie m'a donné ça, c'est pas gaulé ou formaté pour la société de consommation actuelle ? Eh bien perso, je m'en fiche, parce que j'ai à ma disposition un véritable espace de liberté : mes mots sur le papier,  et je sais que cette liberté a un prix, celui d'être incomprise souvent, jalousée parfois et de s'entendre dire : "c'est qui celle-là qui ne se plie pas aux règles ? ". Et quelles règles ? Ce contrat tacite qui voudrait que tous les artistes cherchent la gloire ? Moi "c'est pour l'amour, pas pour la gloire, que je viens vous voir" (Leprest), moi on peut bien ne pas aimer ma plume, vouloir que je change son style que je l'habille d'un autre costume, mais je n'en ferai rien, bien des fois dans ma vie, j'ai du changer pour m'adapter à la situation.
Ma plume, elle, restera ce qu'elle est, je me le promets et mine de rien, y'a des gens pour les aimer, mes histoires qui, peut-être, raisonnent à l'unisson avec des âmes qui trainent des casseroles, qui chantent de guingois, allez savoir ? Moi je ne sais pas, je ne veux pas savoir, je veux être libre de m'exprimer sans être censurée par l'absolue nécessité de connaitre la gloire de voir mon nom en lettres d'or chez un éditeur de renom qui jugera que mon bouquin, après amputation, emplâtres et j'en passe sera digne de valoir son pesant de cacahuètes et d'arbres abattus. Aujourd'hui, je crée comme ça, tout seul, et j'ose à me laisser aller, il m'aura fallu cinq ans pour en arriver là, et il faudrait que je fasse machine arrière au nom de la gloire ou de la fortune ? M'enfin !

Je revendique sur le papier, mon droit à aligner les mots comme il me plait, ben oui, je sais, je suis culottée !

PS : Euh, j'ai rien contre les éditeurs qui font leur boulot, d'ailleurs j'achète des livres c'est pas la question, la question c'est de laisser mon âme chanter selon sa nature.
Vous imaginez un chef d'orchestre, un prof de chant ou de musique en train d'apprendre à un moineau à pousser d'autres trémolos que les siens ? Vous avouerez aisément que non. Ben quand j'écris, je suis comme le moineau sur sa branche, je pousse ma petite chansonnette. Des fois, y'a des gens que ça agace et qui balancent des cailloux ou du plomb à ce maudit moineau qui ne veut pas se taire et d'autres qui s'arrêtent, écoutent et cherchent d'où vient la musique, d'autres enfin qui passent leur chemin en entendant rien, c'est comme ça, c'est la vie. Moi, je veux juste siffler peinarde sur ma branche, m'enfin j'ai rien contre une obole dans ma casquette ! Voilà, j'ai tout bien résumé ? Non ? C'est pas grave : je reviendrai dire ça d'une autre manière s'il le faut ;-D